Issu d’une famille du Magne qui émigra en Corse en 1675-1676, Antonios Zannettakis Stephanopoli effectua des études à Florence avant de s’installer à Athènes. En 1863, il servit d’intermédiaire entre les puissances protectrices et le président de la seconde Assemblée constituante pendant les troubles de l’interrègne. Puis il embrassa la carrière de professeur de français à l’Hellinikon Ekpaideftirion, établissement d’enseignement secondaire créé par le professeur et érudit grec Grigorios Pap(p)adopoulos. À la demande du ministère de l’Instruction publique hellénique, il publiera à la fin des années 1880 un choix de textes français destiné aux élèves de collèges grecs.
Renonçant à la carrière de professeur, Stephanopoli se tourna ensuite vers la carrière de publiciste. Sous le pseudonyme d’Alfred Mèlek, il fut rédacteur pour le journal francophone L’Indépendance hellénique puis rédacteur en chef du journal d’expression française La Grèce, ainsi que du périodique bilingue Courrier d’Athènes / Ταχυδρόμος Αθηνών. En 1875, il fonda Le Messager d’Athènes, hebdomadaire d’expression française destiné à servir les intérêts grecs en Europe. Il fut aussi le correspondant de diverses feuilles francophones de l’étranger ‒ dont Le Danube de Vienne ‒ et de plusieurs journaux parisiens ‒ dont La République française de Gambetta. À la demande de ce dernier, Stephanopoli tint dans ce quotidien une correspondance régulière intitulée : « Lettres de Grèce » ou « Lettres d’Athènes ». Il constitua aussi la principale source d’informations de Gambetta sur la Grèce lors du congrès de Berlin. En décembre 1888, il fonda la première association professionnelle de journalistes grecs. Il multiplia en outre les contacts avec l’agence Havas, dont il était devenu le représentant officiel à Athènes en janvier 1883. En 1891, il fonda son agence de presse, l’Agence du midi , qui deviendra en 1905, après maintes tractations avec le gouvernement hellénique, l’Agence athénienne (directeur : Ioannis Parren), puis l’Agence athénienne de nouvelles . Il paracheva sa carrière journalistique en publiant en 1896 Les Jeux Olympiques, supplément du Messager d’Athènes, et, en 1911, la Correspondance de l’Agence d’Athènes, feuille bihebdomadaire destinée à compléter le service télégraphique de l’Agence athénienne de nouvelles.
Non content de servir les intérêts grecs à l’étranger grâce à son activité d’homme de presse, Stephanopoli se plaça constamment au service de la présence française en Grèce. Il fut, entre autres, président de la Chambre française de commerce Athènes-Pirée et président de la « colonie » – la communauté française d’Athènes-Le Pirée. S’il ne réussit pas à être nommé consul de France, il fut élevé à la dignité de chevalier de la Légion d’honneur en 1885 eu égard à ses nombreux services rendus à son pays. Sa vaste correspondance corrobore d’ailleurs ses liens étroits avec les cercles diplomatiques, économiques et culturels français en Grèce. Ainsi, durant sa toute carrière, Stephanopoli entretint de solides relations avec plusieurs ministres plénipotentiaires de France en Grèce (Jules Ferry, Charles de Moüy, Charles-Tristan de Montholon) ainsi qu’avec des « Athéniens », dont Gustave Fougères. Il s’éteignit au Phalère le 21 février 1913.